Vice-Champion de France 2010

Les Championnats 2010 sont finis. Je rentre à Toulouse avec une médaille d’argent, très déçu d’avoir encore perdu mon duel avec Julien Bahain en finale, pour la troisième année de suite. Je ne suis pas satisfait de ma dernière course, je sais que je peux aller plus vite que ce que j’ai montré hier. Pas de place pour la moindre approximation face à un athlète du calibre de Julien et à sa détermination sans faille.

Le week-end de courses avait bien commencé avec de bonnes sensations sur la préparation terminale, confirmées sur  le parcours contre-la-montre, où je suis relativement proche de Julien (3 sec.) et loin devant les suivants (9 sec.). L’incident de parcours de Pierre-Jean Peltier qui dévie de sa trajectoire, tape une bouée, se retrouve dans l’eau et recommence son parcours a animé les discussions. Il l’a pris avec humour, a assuré sa place dans les qualifiés et assumé son erreur et les blagues qui vont avec. Comme c’est assez rare à notre niveau, il risque d’en entendre parler un petit bout de temps. Sa 8ème place le place dans la série de Julien, où ils se sont livrés à une petite explication sur le 1er 1000m, qui a tourné à l’avantage du futur champion de France.  Je remporte ma série sans forcer devant Sigmund Verstraete en mettant en place un gros premier 500m et un train économe.

Je remporte également ma demi-finale à l’économie devant Pierre-Jean et Benjamin Chabanet, en restant au contact dans le 1er 500 sans attaquer puis en plaçant une série au 500m et au 1000m pour creuser l’écart et le maintenir jusqu’à l’arrivée en baissant progressivement la cadence.

Je me sens en forme et j’attends la finale avec impatience et la confrontation avec Julien.

Je fais un bon départ en restant au contact de la pointe de Julien, mais je perds la course dans le 2eme 500m. Je relance dans la 2eme moitié du parcours mais je suis trop distancé pour voir si mes attaques sont utiles et si je regagne du terrain ou pas. Je finis la course en essayant de limiter l’écart. J’ai une sensation de travail mal fini, et la déception est grande de devoir attendre une année complète avant de pouvoir me battre à nouveau pour le titre.

Un petit mot sur Matthieu Androdias qui tombe à l’eau aux 800m pour sa première participation en finale. Je n’ai vu sa coque retournée que 200m après en jetant un coup d’oeil pour surveiller PJ. Sur le coup j’ai pensé qu’il avait du prendre une bouée avec le vent de travers, mais il m’a expliqué avoir tapé sa pelle dans un objet dur, en étant au milieu de sa ligne d’eau. Félicitations a lui d’être remonté dans le bateau pour finir la parcours. Je suis sûr qu’avec du travail et plus de confiance en lui il se battra vite pour les médailles. On est quelques uns à rêver d’un historique podium 100% Aviron Toulousain…(pas tous dans le même ordre, je sais)

Un point positif : je sens que j’ai pris un cran sur la technique et la glisse, et même si Julien est encore devant c’est du bon boulot de fait pour le double, je me sens plus stable dans la réalisation. A moi de continuer à travailler, notamment sur l’approche mentale, pour être là au bon moment et arrêter de tergiverser en course.

Pour la suite de la saison rien n’est encore officiel, j’aimerai bien faire une Coupe du Monde en skiff pour faire quelques parcours de plus avec un niveau plus élévé et arriver à m’exploiter autant qu’à l’ergo.

Bravo aux Champions de France 2010 et aux médaillés des autres catégories !

Championnats de Zone du grand Sud-Ouest

La saison des courses est enfin lancée avec ce week-end les qualifications pour les Championnats de France Bateaux Courts qui avaient lieu à Brive-la-Gaillarde.  Trois courses étaient au programme avec série le samedi puis demi-finale et finale le dimanche. C’est une étape importante de notre préparation, les premiers parcours permettent en effet de se remettre en jambe après un long hiver de travail de fond.

Avec l’absence de Julien Bahain qui court dans l’est pour raisons logistiques, Matthieu Androdias de l’Aviron Toulousain était mon principal concurrent. Avec un système de têtes de séries, nous ne nous sommes croisés qu’en finale. Les deux premiers parcours n’ont donc pas été très disputés mais permettaient de faire les derniers réglages sur le geste.

Didier Lereboulet, entraineur du groupe couple TC avec Christine Gossé avait fait le déplacement pour apporter son expertise à Matthieu et moi même. Comme je n’ai pas fait les stages cet hiver nous avons donc commencé notre collaboration par un baptême du feu. Didier aura pu apprécier la générosité du climat du Sud-Ouest avec un soleil magnifique sur les trois jours et une température de 25°C !

Après une bonne séance vidéo le vendredi soir pour accorder nos points de vue et un bon entrainement le lendemain matin pour rentabiliser la journée,  l’accent a été mis sur les 1000 premiers mètres pour la série de l’après midi.  Résumé de la course : gros départ prolongé et un deuxième 500m à l’attaque pour provoquer la fatigue et faire monter les tours jusqu’au 1000m avant de calmer et de finir sur un rythme soutenu.

Pour la demi-finale dimanche matin, Didier m’a proposé d’appliquer le profil inverse : rester avec les autres jusqu’au 1000m sans chercher à se détacher et planter un très gros 2ème 1000m. C’est un travail assez intéressant puisque c’est l’opposé de ce que l’on fait d’habitude dans une course sans grosse concurrence. Il ne faut pas tomber dans un faux rythme en début de course tout en gardant de quoi démarrer au 1000m. La course s’est bien passée, avec des bonnes sensations et un bon rendement puisque je mets le même écart en 1000m que la veille en 2000m avec le 2èeme. Matthieu remporte aussi sa série et sa demie sans grande opposition.

Six heures plus tard on se rencontre en finale, mais dans des conditions difficiles puisque le vent s’est mis à souffler dans le sens contraire à la course en levant des bonnes vagues. Nous ne sommes pas les plus à plaindre puisque nous avons des portants en ailes qui passent mieux les vagues que des portants classiques ou en carbone. Après une procédure de départ rapide, j’arrive à me détacher de Matthieu qui lutte un peu plus que moi dans le bassin agité. J’arrive à creuser lentement l’écart jusqu’à la ligne d’arrivée, sans arriver à m’exploiter physiquement autant que j’aurai aimé.

Dans les autres zones, victoires de Julien devant Sigmund Verstraete et Pierre-Jean Peltier en Nord-Est, Benjamin Chabanet devant l’armada caladoise en Sud-Est et Frédéric Doucet an Nord-Ouest.

Les Championnats de France Bateaux Courts auront lieu à Cazaubon dans le Gers (je joue presque à domicile !) du 23 au 25 avril 2010.

Tête de rivière de printemps

Première compétition en bateau de l’année 2010, la tête de rivière (=contre la montre) fait partie des épreuves de sélection en Equipe de France. Cette année, la concurrence n’était pas très relevée avec le forfait de Matthieu Androdias à la dernière minute pour des problèmes de dos et l’absence de Julien Bahain qui a préféré courir dans l’Est pour des raisons logistiques.

Dans des conditions délicates – vent contre très fort dans le premier 2000m, puis pour ensuite – je fais une bonne course techniquement, en appliquant ce que j’ai travaillé cet hiver à l’entrainement. La coque glisse bien et je mets plus facilement du rythme en utilisant les bras. Le travail au sol, ça aide. Par contre sur l’investissement physique je suis en dessous de mon niveau. Je n’ai pas réussi à me rentrer dedans et à me faire mal sans la pression des adversaires et à retrouver une cadence élevée après le début en vent contre.

Je remporte la course en 20’56″, une minute devant Pierre Chauvel , et dans le même temps que Stany Delayre, vainqueur de la catégorie poids léger. C’est à la fois une mauvaise performance de ne pas aller plus vite que les PL, et à la fois rassurant d’aller aussi vite en ramant si bas en cadence.  Bilan mitigé donc.

Je suis néanmoins convoqué au stage d’entrainement de l’Equipe de France au Portugal du 22 mars au 3 avril, en espérant retrouver les excellentes conditions météo et le même bassin de rêve que l’année dernière. Ce sera mon premier stage de l’année avec le collectif olympique, puisque j’avais fait le choix d’avancer dans mes études cet hiver (article à venir bientôt sur le blog !) L’occasion de reprendre le bateau long et de faire des kilomètres en totale insouciance.

Merci à Charles Delval pour la photo sur la ligne d’arrivée !

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