Banyoles : la finale et une belle médaille…d’argent !

Podium Banyoles Berrest Bahain

Belle journée sur Banoyles pour la dernière course du week-end, décisive pour l’attribution des médailles et la fin du parcours de sélection pour l’équipe de France. La pression est forte depuis une semaine, mais nous nous sentons prêts. Depuis le stage au Portugal en Mars et l’installation dans notre nouveau bateau Empacher, nous enchainons les bonnes sorties. Les premières courses nous ont rassuré sur notre niveau actuel et notre potentiel à exploiter pour la suite de la saison. Il ne restait plus qu’a concrétiser nos ambitions par une victoire pour que notre projet démarre au mieux.

Nous avons réussi un bon départ, qui nous place à côté de l’autre double français au premier 500m, une grosse pointe devant les autres bateaux. Les sensations sont bonnes, la coque glisse bien.  Comme nous sommes des rameurs puissants, il nous faut faire attention sur les phases de départ à ne pas ramer “contre le bateau” en le heurtant mais à bien lancer la coque à chaque coup à l’horizontal : tous les mouvements verticaux l’enfoncent dans l’eau et sont un frein.  Nous avons encore des progès à faire sur ce secteur pour partir plus nettement devant les autres.

Nous entamons le 1000m du milieu en plaçant une grosse série qui nous détache des français et des anglais. C’est cette partie de la course que nous maîtrisons le mieux, et où le gros bloc de travail de cet hiver nous aide à creuser l’écart. Je me suis régalé, profitant de la glisse et de l’instant. Il ne nous est jamais arrivé en quatre de couple d’être devant à ce moment d’une finale, où la domination des polonais était incontestable. Les anglais, forts de leur expérience, réagissent et commencent à attaquer après le 1250m, où nous commençons à payer les efforts du début de course. Nous rentrons dans le dernier 500m au coude à coude avec les anglais et les croates qui entament une belle remontée.

La victoire s’est jouée au sprint avec ces deux bateaux, les autres croates, les américains et l’autre bateau français étant distancés. Nous n’arrivons pas à réagir ensemble et les anglais qui  se connaissent bien en profitent pour passer devant. Nous arrivons à relancer la coque sur les 10 derniers coups mais échouons à 6 malheureux centièmes (soit 30cm) des médaillés de bronze des derniers JO. Rageant ! Une ligne de plus à la liste des contentieux avec nos amis rosbeef.

Malgré cette déception de ne pas commencer sur une victoire symbolique, quelques points positifs : les anglais sont réguliers au top niveau et être si près d’eux tôt dans la saison montre que l’on est sur la bonne voie. Ensuite, nous assurons notre place en double en équipe de France en battant Adrien et JB, également un bateau de référence sur la plan international. Enfin, le plaisir pris ce WE nous conforte dans notre choix de ramer ensemble, prouve que l’on avance aussi en double et met en avant les qualités de Christine, notre entraineur.

Vous pouvez voir la vidéo des courses sur Universal Sports, choisissez l’icône avec le petit rameur sous “Schedule” puis en choisissant la séquence “Row : FISA World Cup – Day 3″. La course du double commence à la 57ème minute. C’est mal fait pour y accéder mais la vidéo est de bonne qualité.

Prochaines échéances : les Championnats de France Bateaux Longs en quatre de couple avec mon club de l’Aviron Toulousain à Aiguebelette le WE prochain, et les Jeux Méditeranéens en Italie du 27 au 29 Juin.

Médaillé olympique

podium JO

Ça fait quatre ans qu’on attendait cette finale. Notre programme d’entrainement fait que physiquement on sait qu’on sera au top. Je me sentais fort comme jamais. Mentalement, c’est une autre histoire. Les trois jours avant, le ventre est noué, on ne pense qu’à ça. Le rôle de Christine Gossé, notre entraineur, est de canaliser cette tension jusqu’au départ de la course. Après notre série éliminatoire, un peu ratée, nous aurions pu douter, exploser et couler. La veille, nous avons regardé les finales de l’autre groupe, ça nous a mis dans l’ambiance. Le matin on s’est dit « c’est aujourd’hui  et on y va ».

Nous avons fait une belle course, la plus construite des 4 dernières années. Au départ, nous sommes concentrés et déterminés. La coque sort bien de l’eau, j’ai trois gros moteurs derrière qui poussent très fort, on est dans le coup, on continue. On fait un gros train, chaque coup est puissant, on place des séries pour relancer la vitesse et essayer de coller aux polonais et aux italiens. A l’entrée des tribunes, au dernier 500, un petit coup de tête à gauche : on est 4, à la bagarre avec les australiens. On relance comme des bêtes, on est à fond, celui qui craque a perdu. Un regard à gauche en passant la ligne. Les polonais sont premiers, les italiens devant nous, et les australiens à notre hauteur. On ne connait pas notre résultat. «Pas quatre, pas quatre !» Puis, en même temps, les australiens se prennent la tête et « FRA » s’affiche sur le panneau. OOOUUUAISSSS ! Avec PJ, on se lève dans le bateau et on fait les idiots. Ça a l’air de rien mais avec la fatigue, on  ne tient pas debout et les autres ont lâché les rames. On ne passe pas loin de se mettre à l’eau. Plus rien n’a d’importance, on est médaillés. La sensation d’accomplissement est énorme, nous avons réussi !

En étant vice-champions du monde 2007, nous étions attendus, mais les JO ce n’est pas une remise de récompense au mérite. Nous avons mis toutes les chances de notre côté, nous nous sommes entrainés comme des fous ces deux dernières années, nous n’avons pas compté les sacrifices et nous avons gagné notre pari. Mais entre nous et les quatrièmes l’écart à l’arrivée est infime, sauf que nous sommes traités comme des vainqueurs et eux comme des perdants. Le sport est injuste, et les médias encore plus. C’est ça qui est dur quand on n’a pas de médailles.

Le soir et le lendemain de la finale, nous avons été beaucoup sollicité, nous n’avons pas eu le temps de nous retrouver tous les cinq avec l’entraineur pour savourer, nous ne réalisions pas vraiment. De retour au village olympique, nous redevenons des athlètes comme les autres, il y a une certaine pudeur, personne n’exhibe ses médailles. Par contre, ça sent les vacances…. L’ambiance est plus détendue, les gens prennent le temps de discuter, de raconter ce qu’ils ont vu. Niveau touristique, que du classique pour moi : la grande muraille, la cité interdite, le palais d’été, le marché de la soie et les hùtongs, les quartiers traditionnels chinois. J’essaye d’aller voir les autres français pour leurs épreuves mais c’est dur de trouver des places. J’ai fait le hand masculin et féminin, le plongeon à 10m, une soirée au stade d’athlétisme, et le pentathlon moderne. Le soir c’est « Pékin by night »….

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