« Caramba, encore raté ! » 22 centièmes de seconde. 1,16m. Derrière.

BERREST BAHAIN podium lucerne

La découpe du programme pour la télévision fait que nous sommes la première course de l’après midi. On est décidés à faire le show et à sortir les spectateurs de leur torpeur digestive post würst. Le bassin est parfait, l’échauffement s’est bien passé, nous sommes prêts !

Les anglais ont préféré s’abstenir pour « raisons médicales »… un peu frileux ? Ils ont enchainé plus de courses que nous cette saison et doivent être émoussés. On se méfiera quand même d’eux cet été.

GO !

Ça part vite, tout le monde est à fond, personne ne veut rater le bon wagon. Nous sommes dans le paquet, peut être très légèrement devant. Interdit de tourner la tête. Pousser encore. Nous ne répétons pas nos erreurs de la série et de la demi et relançons aux 250, 500, 750 et 1000m. Et cela nous sert seulement à rester au contact ! Le bord à bord est intense, personne n’arrive à prendre l’avantage. Jamais plus d’une seconde entre les 5 bateaux, jamais le même devant plus de 250m !

Citation de tonton, il y a quelques années : « en senior, la course commence le dimanche au 1000m »

On y est, c’est parti ! A droite, les slovènes craquent, à gauche, les allemands attaquent.  On passe devant le parc à bateaux. Sur la plupart des bassins, il est à l’arrivée, près des tribunes, et le brouhaha des spectateurs ne commence qu’a 300m de l’arrivée. Ici, on a des encouragements dès le 1000m. Il ne faut pas s’emballer ni se cramer trop tôt. On est à la ligne d’eau 2, près du parc. J’entends Christine : « LES BRAS Cédric, LES BRAS ! ha oui c’est vrai, enclencher les bras plus tôt.
On attaque, la cadence remonte – elle était descendue à 35,5…- la coque reprend de la vitesse. Ensuite, tout va très vite : 1250, 1500, 1750, les bouées rouges. On est à fond, cadence 41, j’aimerais pas être la barre de pieds, ni me coincer le doigt entre la rame et la dame de nage, comme on dit.
A gauche, rien de nouveau. Je n’ai toujours personne dans la vision périphérique et interdit de tourner la tête. Julien ne donne plus d’infos sur les positions, respirer est devenu prioritaire.  J’entends les allemands à coté, j’entrevois la pointe des NéoZ, j’espère que les estoniens ne sont pas devant.

« BIP BIP BIP BIP »

On passe la ligne. Un regard à gauche : tout le monde est encore là !
Personne ne lève les bras, personne ne rentre au parc à bateaux : personne ne sait.
La photo finish livre le verdict : 2èmes à 22centièmes des allemands et à 1 centième devant les estoniens. Les NéoZ sont loin, à 80 centièmes…

Ce n’est pas encore cette année que nous gagnerons Lucerne. C’est la troisième fois que nous échouons 2èmes à moins d’une seconde des premiers.  Rageant !
Quelques points de satisfaction quand même : nous faisons notre meilleure course de la saison dans un période de fatigue, après une série et une demi moyennes. Tous les prétendants au titre en double étaient là, et sont à notre portée. Nous avons couru la série avec des capteurs, dont les données vont nous permettre d’affiner réglages et technique sur le stage terminal.

D’ici là, je reste une journée pour profiter de Lucerne et des environs, puis je prends mes quartiers à Biarritz pour 10 jours, avec une base avancée à Bayonne pour l’entrainement. Objectif : arriver entrainé mais reposé en stage term’ et se sortir un peu la tête du bateau.

Banyoles : la finale et une belle médaille…d’argent !

Podium Banyoles Berrest Bahain

Belle journée sur Banoyles pour la dernière course du week-end, décisive pour l’attribution des médailles et la fin du parcours de sélection pour l’équipe de France. La pression est forte depuis une semaine, mais nous nous sentons prêts. Depuis le stage au Portugal en Mars et l’installation dans notre nouveau bateau Empacher, nous enchainons les bonnes sorties. Les premières courses nous ont rassuré sur notre niveau actuel et notre potentiel à exploiter pour la suite de la saison. Il ne restait plus qu’a concrétiser nos ambitions par une victoire pour que notre projet démarre au mieux.

Nous avons réussi un bon départ, qui nous place à côté de l’autre double français au premier 500m, une grosse pointe devant les autres bateaux. Les sensations sont bonnes, la coque glisse bien.  Comme nous sommes des rameurs puissants, il nous faut faire attention sur les phases de départ à ne pas ramer « contre le bateau » en le heurtant mais à bien lancer la coque à chaque coup à l’horizontal : tous les mouvements verticaux l’enfoncent dans l’eau et sont un frein.  Nous avons encore des progès à faire sur ce secteur pour partir plus nettement devant les autres.

Nous entamons le 1000m du milieu en plaçant une grosse série qui nous détache des français et des anglais. C’est cette partie de la course que nous maîtrisons le mieux, et où le gros bloc de travail de cet hiver nous aide à creuser l’écart. Je me suis régalé, profitant de la glisse et de l’instant. Il ne nous est jamais arrivé en quatre de couple d’être devant à ce moment d’une finale, où la domination des polonais était incontestable. Les anglais, forts de leur expérience, réagissent et commencent à attaquer après le 1250m, où nous commençons à payer les efforts du début de course. Nous rentrons dans le dernier 500m au coude à coude avec les anglais et les croates qui entament une belle remontée.

La victoire s’est jouée au sprint avec ces deux bateaux, les autres croates, les américains et l’autre bateau français étant distancés. Nous n’arrivons pas à réagir ensemble et les anglais qui  se connaissent bien en profitent pour passer devant. Nous arrivons à relancer la coque sur les 10 derniers coups mais échouons à 6 malheureux centièmes (soit 30cm) des médaillés de bronze des derniers JO. Rageant ! Une ligne de plus à la liste des contentieux avec nos amis rosbeef.

Malgré cette déception de ne pas commencer sur une victoire symbolique, quelques points positifs : les anglais sont réguliers au top niveau et être si près d’eux tôt dans la saison montre que l’on est sur la bonne voie. Ensuite, nous assurons notre place en double en équipe de France en battant Adrien et JB, également un bateau de référence sur la plan international. Enfin, le plaisir pris ce WE nous conforte dans notre choix de ramer ensemble, prouve que l’on avance aussi en double et met en avant les qualités de Christine, notre entraineur.

Vous pouvez voir la vidéo des courses sur Universal Sports, choisissez l’icône avec le petit rameur sous « Schedule » puis en choisissant la séquence « Row : FISA World Cup – Day 3″. La course du double commence à la 57ème minute. C’est mal fait pour y accéder mais la vidéo est de bonne qualité.

Prochaines échéances : les Championnats de France Bateaux Longs en quatre de couple avec mon club de l’Aviron Toulousain à Aiguebelette le WE prochain, et les Jeux Méditeranéens en Italie du 27 au 29 Juin.

Banyoles : demie-finale c’est fait, double objectif en finale

Berrest Bahain demie finale

On monte d’un petit cran aujourd’hui avec les demi-finales : deux manches, les trois premières places donnent le droit de se battre demain pour les médailles.

Nous remportons notre course en 6′25.48, devant les croates et les américains. Après un départ moins dynamique qu’hier, nous nous battons un peu plus longtemps avec les croates pour la tête de la course, puis nous gérons l’avance en relançant avec des séries efficaces. La cadence n’est toujours pas très élevée sur le train mais nous prenons le temps de ramer long et puissant,  plus ensembles qu’hier sur les relances et les changements de rythme. On se trouve petit à petit. La coque se comporte toujours aussi bien dans le vent de travers (puis pour) et les vagues de fond. Une petite accélération dans le dernier 250 nous met définitivement à l’abri des croates et nous sert de répétition pour la Finale A de demain, où il faudra lancer le sprint final de plus loin.

Au départ nous retrouverons les anglais, médaillés de bronze à Pékin, et vainqueurs de leur demie dans un chrono comparable au notre, les deux bateaux croates qui s’accrochent aux deuxièmes places dans les deux manches, le bateau français avec Adrien et JB et les américains. L’objectif est double demain : gagner cette finale, ce qui serait une première pour nous, toujours placés mais jamais vainqueurs, et assurer notre place de titulaires en devançant l’autre double français sur la ligne. Il faudra faire une course pleine en exploitant la marge restante et prendre la bon wagon dès le début du parcours. Les adversaires seront plus sérieux que dans notre série et notre demie, méfiance donc.

Rendez-vous sur www.worldrowing.com pour suivre la course en direct a 11h15, catégorie M2X. FRA1 = Berrest Bahain, FRA3 = Hardy Macquet

Pour ceux qui se posent la question de l’ambiance dans le groupe avec cette concurrence entre bateaux français, ça va. On parle, mais pas d’aviron, on rigole mais on ne se chambre pas, pas de remarques déplacées ou de commentaires à voix basses. La confrontation est purement sportive et ne déborde pas sur le plan relationnel. On fera le bilan du WE et les plans pour la suite de la saison après la finale.

Que les meilleurs gagnent !

Banyoles : appetizer

Berrest Bahain

Beau temps sur le bassin olympique de Barcelone ce matin. Le vent d’hier est tombé et les conditions sont idéales pour attaquer la 1ère course internationale de la saison. 18 doubles sont engagés dans les trois séries éliminatoires de ce matin avec les deux premières places qualificatives pour les demi-finales.

Nous remportons notre série en 6′27.16 devant le deuxième bateau italien, les polonais, le troisième bateau italien, les biélorusses et les grecs. Pas de gros équipages donc, mais cela nous a permis de prendre des repères pour la suite. Nous sommes partis devant dès les premiers coups de rames, creusant l’écart avant le passage du 1er 500m. Ensuite nous avons baissé la cadence et géré la fin de course, une grosse longueur devant les italiens. Ça fait toujours plaisir de remporter une course et de savoir qu’il en reste sous la pédale.
Nos temps de passage (toujours à prendre avec des pincettes à cause du vent et de leur toute relative exactitude) nous placent à la bataille avec les leaders des deux autres séries.

En demi-finale a 14h18 demain, nous courrons contre Jonathan et Pierre-Jean, également vainqueurs de leur série. Les croates, cubains, polonais et américains compléteront la liste des invités.
Les favoris qui se dégagent de cette première journée : les 3 bateaux français, les anglais médaillés de bronze à Pékin dans cette catégorie, et les croates qui les ont accroché en série.

Vous pouvez suivre la course en direct sur www.worldrowing.com, c’est la course 58, catégorie M2X, FRA1 = Berrest Bahain, FRA2 = Peltier Coeffic

La suite des débats

Bahain Berrest

Suite aux Championnats de France individuels, 3 deux de couple ont été constitués dans ma catégorie (c’est comme le quatre de couple des Jeux, mais à deux !) Je serais associé à Julien Bahain, le vainqueur des sélections, et coéquipier de Pékin. Ceci correspond à la hiérarchie individuelle du groupe et de notre souhait de tenter l’aventure en double ensemble.

Jonathan Coeffic et Pierre-Jean Peltier, nos deux autres compères médaillés aux Jeux Olympiques avaient annoncé en début de saison mettre un peu l’aviron de coté et privilégier leur vie professionnelle. Heureusement la raison les a rattrapé à temps et ils formeront le deuxième double suite à leur 3ème et 4ème place aux Championnats de France.

Adrien Hardy et Jean-Baptiste Macquet, Champions du Monde 2006, Vice Champions 2007 et 5èmes des dernier J.O. en double complèteront la flotte française.

La 1ère étape de la Coupe du Monde d’aviron (il y en a 3) sera le dernier acte de la sélection pour l’Equipe de France. Le scénario est simple : le meilleur double français devient titulaire et les deux autres forment un quatre de couple. Connaissant bien les interprètes, ça promet !